Möbius

      Le dernier film d’Eric Rochant (« Les patriotes« , « Un Monde Sans Pitié », « Mafiosa« ,…), « Möbius », avec Jean Dujardin et Cécile de France est sortie cette semaine en France. Le film se situe entre le drame et le film d’espionnage avec un casting international ( Tim Roth de « Lie To Me » par exemple…) plutôt prestigieux pour un film français. Le film est porté par le duo formé par le français oscarisé et la jolie belge. Le film nous invite à voyager entre les Etats Unis, la Russie, Monaco, la Belgique… Le script est complexe et intelligente mais un problème de rythme dessert l’intrigue et a tendance à perdre le spectateur.

Le film en quelques lignes :

          Alice est un trader de renommée internationale contrainte de travailler à Monaco et bannie des Etats Unis suite à sa part de responsabilité dans le chute de la banque Lehmann Brothers lors de la crise des subprimes. Les services secrets russes décident de l’embaucher pour espionner son employeur. En échange, elle obtiendra le droit de retourner travailler aux Etats Unis et de vivre à nouveau aux côtés de son père, souffrant. Très vite, elle parvient à se rapprocher de sa cible mais l’agent russe chargé de la protéger (Grégory Lioubov) commet l’erreur de vouloir la rencontrer incognito. A peine quelques regards et c’est le coup de foudre. S’entame alors une passion destructrice qui provoquera inexorablement leur perte…

Les plus et les moins :

   Le cercle de « Möbius » qui donne son nom au film illustre la notion d’éternel recommencement ou de cycle sans fin. L’ensemble du film est construit sur cette base illustrée par des références  littéraires et bibliques.  Ainsi, le personnage de Grégory Lioubov se fait appeler Moïse et la relation qu’il entretient avec Alice naît au club « Destiny »  pour se concrétiser dans un bar baptisé « L’Apocalypse ». Lorsque le personnage de Cécile de France se fait parachuter dans le milieu de l’espionnage, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement entre la jolie blonde,apparemment complètement aspirée par les événements,et « Alice aux pays des Merveilles »... Le scénario est très intelligemment construit mais le film est trop ambitieux et a du mal à décoller du fait d’un grand problème de rythme… Des scènes d’amour qui n’en finissent pas ou des ellipses temporelles et narratives qui rendent parfois la compréhension de l’intrigue difficile. D’autres traits trop stéréotypés nuisent à la crédibilité du film (l’espion russe qui se ballade avec sa bouteille de vodka dans toutes les scènes, la figure de la femme moderne intelligente et indépendante mais qui recherche désespérément les bras d’un homme pour se sentir « chez soi », les américains obèses qui se réunissent pour parler d’affaires en plein barbecue, le yacht de luxe de l’homme politique russe, la secrétaire taillée comme un mannequin et prête à faire don de son corps … Si l’accent anglais de Cécile de France est approximatif, l’accent russe de Jean Dujardin est risible. Le film part d’une très belle idée mais se perd en chemin. L’écriture du scénario est  très subtile et intelligente mais la réalisation se perd dans l’hyperbolisation, l’exploitation de clichés et la recherche vaine de l’esthétisme dans les scènes d’amour (le sentiment amoureux se résume quasi-exclusivement dans l’acte sexuel).  Malgré cela, on peut noter la performance lumineuse de Cécile de France (très mise en valeur), l’intelligence du script et la poésie du film.

Ma Note : 9.5 /20

Bande Annonce du film :

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