Ukraine : « On résistera, et si nécessaire, on attaquera »

Ukraine Kiev

Le conflit s’enlise peu à peu à Kiev. Les manifestants pro-UE maintiennent leur opposition contre le pouvoir ukrainien en place malgré les tentatives de conciliation faites par le président Viktor Ianoukovitch.

Il ne fait pas bon être à Kiev en ce moment. En proie à des manifestations pro-européennes depuis maintenant plus de deux mois, la capitale ukrainienne vient de franchir un nouveau cap dans la contestation face au pouvoir en place. Depuis mardi dernier, les violences se sont amplifiées. Les affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont fait déjà cinq morts et près de 300 blessés depuis mercredi selon le centre médical de l’opposition.

Le 16 janvier déjà, le président Viktor Ianoukovitch et son gouvernement avaient mis de l’huile sur le feu en votant de nouvelles lois répressives à l’encontre des pro-européens. Une mesure qui, selon les protestataires, avait achevé de signer le virage autoritaire pris par le président ukrainien. Résolus à en découdre avec les parlementaires, les opposants ont donc gradué leur opposition en radicalisant le mouvement. On a ainsi pu assister à des scènes dignes d’une guerre civile depuis la place de l’Indépendance.

Face aux propositions encore insuffisantes de la part du pouvoir, Vitali Klitschko, un des leader de l’opposition, a annoncé la couleur « On résistera, et si nécessaire, on attaquera« , même si l’ex-boxeur reconnait que « Ianoukovitch a satisfait un grand nombre de (leurs) exigences« . Le président ukrainien a en effet proposé ce samedi une mesure inédite. Offir le poste de Premier ministre et vice-Premier ministre aux opposants Arseni Iatseniouk et Vitali Klitchko. Il s’est également dit prêt à réviser la Constitution. Une main tendue qui ne satisfait toujours par les manifestants. Ces derniers ont lancé dans la soirée du samedi un assault à l’encontre d’un bâtiment occupé par la police.

La Russie active, l’UE immobile

Le fond du problème réside sur la politique étrangère de l’Ukraine. D’un côté Viktor Ianoukovitch et le gouvernement, souhaitant collaborer avec la Russie de Vladimir Poutine. De l’autre les pro-européens emmenés par Vitali Klitschko, voulant se trouver vers l’Union. Face à toutes ces divergences, les réactions sont très différentes d’un côté comme de l’autre. Si l’Europe calme le jeu en ne souhaitant pas intervenir malgré quelques menaces de sanction envers le pouvoir ukrainien, la Russie, elle, n’hésite pas à fustiger les influences extérieur. Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères russe, a ainsi estimé que le violences de Kiev « sont largement orchestrées depuis l’extérieur du pays« . Son vice-ministre, Grigori Karassine, a ajouté que « le pouvoir légitime en Ukraine se heurte à des ingérences étrangères« .

Résultat, ce sont finalement les manifestants qui font les frais de ces multiples conflits d’intérêt général. Entre un pouvoir incapable d’établir un dialogue avec son peuple, une Union Européenne qui n’ose pas intervenir dans un débat qui la concerne directement, et une Russie qui souhaite étendre encore plus sa sphère d’influence, il ne fait vraiment pas bon être place de l’Indépendance aujourd’hui.

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