Jour de colère : ces débordements qui expliquent le raz-le-bol

Jour de colère

La manifestation « Jour de colère » qui s’est tenue hier après-midi à Paris a réuni des opposants très variés. Derrière les quelques débordements qui ont eu lieu, a resurgi une exaspération généralisée. 

Hétéroclite. C’est ainsi que l’on pouvait qualifier la manifestation de « Jour de colère » qui s’est tenu hier à Paris. Entre Bastille et Invalides, le cortège comptait pas moins de 60 associations dans ses rangs. De la  « Manif pour tous » aux bonnets rouges, en passant par les manifestants « anti-équitaxe », le collectif Liberté et sécurité des frontaliers, les « Pigeons » ou même les partisans de l’humoriste controversé Dieudonné, le mouvement a rassemblé 17.000 participants selon la police, 160.000 selon les organisateurs. Au-delà de la guerre des chiffres qui continue, ce « Jour de colère » aura permis de tirer plusieurs enseignement, loin de ceux tirés par la plupart des médias aujourd’hui.

Qu’on se le dise : la manifestation qui devait mobiliser tous les mécontents de la politique de François Hollande, déjà au plus bas dans les sondages (17 % de satisfaction), n’a pas eu l’effet escompté. Si elle s’est déroulée sans heurtes, le nombre attendu était sans doute en dessous des espérances. Un an après les manifestations anti « mariage pour tous », qui avaient connu un franc succès, mobilisant la France entière jusque dans ses profondeurs, le « Jour de colère » entendait bien réitérer le même exploit. Défilant dans le calme, les participants ont néanmoins vu la fin de la manifestation prendre une autre tournure. Moins pacifique. Entre quenelles, slogans homophobes, discours identitaires ou présence de l’extrême droit comme de l’extrême gauche, plusieurs incidents ont conduit à de tristes événements. En marge du cortège, pas moins de 250 personnes ont été placés en garde à vue, 150 ont été interpellés alors que 19 policiers ont été blessés.

(Dés)unis par l’exaspération

Alors que ça-et-là, médias et réseaux sociaux fustigent les violences découlant de la mobilisation, un constat moins visible mais plus rationnel peut être souligné. Si la diversité et l’hétérogénéité des manifestants devait faire la force de ce mouvement de colère face à François Hollande, on a pu constater qu’elle faisait aussi sa faiblesse. Entre bonnets rouges insatisfait de la politique gouvernementale, entrepreneur frustré par la fiscalité imposé par l’Etat, ou anti-mariage gay souhaitant peser sur les grands débats concernant la famille, la mayonnaise n’était pas sûre de prendre. Les contestations aussi variés que les manifestants présents ont finalement conduit à une impasse : celle de ne plus voir un mot d’ordre, une revendication distincte, émerger du mouvement. Résultat, « Jour de colère » a perdu en crédibilité. Mais de cette « désunion » a pu resurgir une conclusion : derrière la diversité des réclamations, derrière le clivage gauche-droit, voir extrême gauche-extrême droite, derrière ces débordements et ces revendications multiples et diverses, parfois opposées entre elles, se cache un raz-le-bol général provoqué par la politique de François Hollande et de son gouvernement.

Grand paradoxe : si aujourd’hui, dans une France souvent divisée, il y a bien un facteur de réunification c’est finalement grâce à l’exaspération commune vis-à-vis du pouvoir en place. Le message est-il passé à l’Elysée ? A voir…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s