Sarkozy : l’affaire des écoutes

Alors que François Hollande, son gouvernement et la gauche en générale peinent à convaincre et enregistre des taux de popularité catastrophiques, Nicolas Sarkozy est acclamé en héros à chacune de ses apparitions publiques. Un nouveau scandale le concernant a cependant envahit les kiosques ces derniers jours.

Il y a quelques jours, le journal Le Monde diffusait des enregistrements de conversations professionnelles et personnelles entretenues par l’ancien président, créant ainsi un scandale sans précédent. Soupçonné un temps d’avoir financé sa campagne présidentielle de 2007 avec l’aide du dictateur Kadhafi, Nicolas Sarkozy ainsi que deux de ses ministres ont été mis secrètement sous écoutes téléphoniques. Si la plupart des informations recueillies sont sans réel intérêt (si ce n’est d’alimenter les commérages), d’autres remettent en causes certains aspects des procès Bettencourt et Tapie/Lyonnais. Nombre d’entre elles sont en réalité des entretiens de l’ex-président avec son avocat, maître Hergoz, et témoignent d’accords potentiels entre Nicolas Sarkozy et Gilbert Azibert, l’un des plus hauts magistrats français. L’échange d’informations entre les deux hommes à propos de l’avancement de l’affaire Bettencourt pousse la gauche à crier au « trafic d’influence ».

La recevabilité de ces informations est cependant sujette à débat. D’une part, les conversations entre un avocat et son client sont légalement et doivent nécessairement rester strictement confidentielles. D’autre part, la mise sur écoute et la diffusion d’informations se référant au quinquennat de Nicolas Sarkozy relève d’une atteinte au secret professionnel. Le principal intéressé s’est dit « sidéré » par les méthodes mises en oeuvre en écoutant ces enregistrements. Les pénalistes s’accordent à reconnaître la non-légalité de la procédure et soulignent de graves manquements à la loi. Néanmoins, il existe de rares exceptions en cas d’indices majeurs dans la reconnaissance d’un délit qui pourraient ici être, en théorie, invoquées.

Enfin, si les informations récoltées sèment le doute, elles ne font en aucun cas la preuve irréfutable et objective d’un manquement à la loi. Tout au plus, certains arrangements peu clairs et suspicieux peuvent être mis en évidence. Les prises de bec ont été nombreuses ces derniers jours à ce sujet, politisant ainsi le débat.  La question risque donc de mobiliser les médias encore quelques temps…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s