Gifle pour le PS, succès pour la droite : ce qu’il faut retenir des municipales

 

Municipales 2014

Le premier tour des élections municipales a donné son verdict hier soir à 20h. Résultat : un échec pour la gauche, une victoire pour l’UMP et une montée du Front National.

C’était prévisible. Les chiffres annoncés hier soir par Manuel Valls était attendus. 46,54 % pour la droite et 37,74 % pour la gauche. Le scénario semblait écrit. La politique menée par le gouvernement depuis 2012 a en effet été sanctionné par la majorité des français. Pire encore, tapie dans l’ombre de l’UMP, le FN en a profité pour confirmer sa montée en puissance. Le « ni gauche, ni droite » martelé par Marine Le Pen depuis deux ans semble avoir convaincu les déçus des deux premiers partis de France. Gangrenés chacun par des querelles internes et diverses affaires, l’UMP de Jean-François Copé reste pourtant le principal gagnant de ces élections.

Le parti d’opposition a en effet déjà récupéré, ou va bientôt récupérer, de nombreuses municipalités de gauche. C’est ainsi que Niort, ville ancré à gauche depuis 60 ans, bascule à droite tout comme Saint-Etienne ou Angers. A Toulouse, Jean-Luc Moudenc à la tête d’une liste UMP-UDI-MoDem, devance le maire PS sortant, Pierre Cohen. Mais c’est à Marseille ou le succès a été retentissant. La cité phocéenne symbolise à elle seule ce qu’il s’est passé sur l’ensemble de la France. Le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin arrive en tête des suffrages avec 37,64 % devançant le candidat FN Stéphane Ravier (23,16 %) et le candidat PS, Patrick Mennucci (20,77 %). A Paris, la liste de NKM arrive, avec surprise, très légèrement en tête avec 35,64 % des voix juste devant sa rivale Anne Hidalgo (34,40 %).

Si le succès du Front National est mis en avant, un chiffre vient tout de même relativiser cette victoire. 4,65 %, c’est le score du parti d’extrême droit à l’échelle nationale. Le FN a néanmoins réussi à installer l’un de ses candidats à la tête d’une ville en la personne de Steeve Briois, élu dès le premier tour à Hénin-Beaumont. Le parti de Marine Le Pen a également vu ses candidats arrivé en tête à Avignon, Béziers, Perpignan, Forbach, Fréjus ou encore Tarascon. Les porte-paroles du parti ont affirmé hier ne pas avoir l’intention de retirer leurs candidats présents au second tour.

Avec les nombreuses triangulaires prévues au second tour les résultats sont cependant loin d’être définitifs. Le plus grand perdant de ces élections restent sans doute la démocratie. Avec un taux d’abstention record de 36 %, la participation reste tristement en baisse. Ce chiffre revient à dire que dimanche, seul 6 français sur 10 ont fait la démarche d’aller voter. Dommage pour une élection qui touche de (très) près chaque citoyen.

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3 réflexions sur “Gifle pour le PS, succès pour la droite : ce qu’il faut retenir des municipales

  1. Je pense que cette analyse n’est pas totalement juste.

    En effet, la droite a pour l’instant battu la gauche (attendons quand même le 2eme tour avant de crier victoire…).
    Mais cela était prévisible, non pas que la droite soit revenue sur les devants de la scène (rappelez vous de toutes les casseroles qu’ont Nicolas, Jean-François, Claude et les autres…), mais plus que les électeurs de gauche ont boudé cette élection pour marquer leur dessacord avec la politque de droite menée par un gouvernement de gauche.
    Et oui, aucun changement entre avant et après Sarkozy-Hollande (sauf les dictateurs qui ne sont plus invités en France…).

    Par contre, là où je ne suis pas d’accord du tout, c’est sur cette analyse des résultats de l’extrème droite.
    En effet le FN a remporté 1 ville au premier tour… génial, mais combien en ont gagné de Front de Gauche ? 67…
    Il y a eu 473 élus du FN au premier tour, contre plus de 2000 pour le Front de Gauche…
    Mais cela, aucune télévision, aucun journal n’en a fait l’écho, bizarre…

    Donc, il serait temps d’arrêter de parader avec la droite et l’extrème droite, mais ouvrez vous à toutes les analyses, à tous les points de vue, plutôt que de vous isoler dans cette étroitesse d’esprit.

    Sur ce, à bon entendeur, salut.

    • L’article traite avant tout du bilan et des enseignements à tirer du premier tour des élections municipales de 2014. Nous avons donc voulu souligner ici ce qu’il fallait retenir, à savoir :

      – Un taux d’abstention important
      – Une relative défaite de la gauche
      – Un succès pour la droite
      – Une montée significative du FN

      En effet, comme vous l’avez mentionné, le Front de gauche, a remporté 67 villes contre une seule municipalité pour le Front National. Mais au final, malgré ces chiffres défavorables au FN, c’est bien lui qui arrive devant. Sur l’ensemble des voix en France, le parti de Marine Le Pen obtient 4,65 % des suffrages contre seulement 0,58 % pour le Front de gauche. Qui plus est, ce chiffre a été obtenu avec seulement 473 représentants (contre plus de 2.000 pour l’extrême gauche).

      Nous avons donc seulement voulu, entre autres, mettre en relief la progression de l’extrême droite depuis 2012 et non ignorer ou dénigrer un parti politique en particulier (que ce soit le Front de gauche ou même EELV dont nous n’avons pas particulièrement parlé non plus).

  2. Alors, pour en revenir sur le sujet, maintenant que le 2eme tour est passé. L’heure du bilan à sonné…

    Donc la droite à fait une remontée spectaculaire. OK, mais la vague est loin d’être aussi déferlante que d’aucuns prétendent.
    Dans les villes de plus de 1000 habitants, la droite se situe à 45%, la gauche à 43 % et le FN à 7%.
    Raz-de-marée de la droite, avez-vous dit ?
    La droite contrôle désormais 22 des villes de 100.000 habitants, contre 19 à la gauche.
    Certes,il y a du progrès comparé à 2008 où l’opposition socialiste d’alors contrôlait 29 de ces villes.

    Je pense qu’il vaut mieux parler d’un retour à l’équilibre afin d’être plus conformes à la réalité.

    D’autre part, dans les voix de droite, on comptabilise l’UMP et l’UDI. Ce qui encore une fois arrange bien les sarkozystes. Mais François BAYROU (co-fondateur de l’UDI), n’avait-il pas appeler à voter François HOLLANDE ?

    Et qu’en est-il de Paris ? Ecrasante majorité pour Anne HIDALGO, la première femme maire de Paris, après le premier homosexuel déclaré. Ca, se sont des réalités qui parlent aux français.

    Par contre, ce que je regrette par dessus tout, c’est cette vague de politiciens et de calculs politiques, alors que les maires c’est quoi ? un habitant qui s’occupe de gérer la ville dans laquelle il habite. Alors pourquoi toujours jouer sur ces étiquettes ?

    Sur ce, à bon entendeur, salut.

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