Espagne, la fin d’un règne

Espagne-Chili

C’est un véritable coup de tonnerre qui s’est produit à Rio mercredi dernier avec l’élimination de l’Espagne dès le premier tour de la Coupe du monde 2014. Cette sortie prématurée vient mettre un terme à de longues années de domination qui aura marqué à jamais le monde du ballon rond.

Stade Maracana de Rio de Janeiro, Brésil. Mercredi 18 juin 2014. 22h53. L’arbitre, Monsieur Mark Geiger, regarde sa montre et siffle trois fois. Le match est terminé. L’Espagne s’incline 2 à 0 face au Chili. Un règne à l’échelle planétaire de six années consécutives vient de se terminer. La Roja est définitivement éliminée de la Coupe du monde de la FIFA 2014. Une page, que dis-je, un chapitre de l’histoire du football se referme. Après sa déroute face aux Pays-Bas il y a une semaine (5-1), la nation double championne d’Europe et championne du monde n’ira pas défendre son titre en huitième de finale. En seulement deux rencontres, les hommes de Del Bosque ont définitivement compromis leurs chances de qualification pour la phase à élimination directe. Contre le Chili, Iker Casillas et ses coéquipiers n’auront pas été à la hauteur de leur réputation.

Un ennemi nommé usure

Rois du monde de 2008 à 2012, les espagnols n’ont pas prolongé le bail jusqu’à 2014. Les mauvais signes déjà aperçus face aux Pays-Bas se sont de nouveau montrés hier soir, et très rapidement. Dès les premières secondes, la défense ibérique fut mise en danger sur une bonne percée de Vidal dans la surface. Si elle évita de peu la catastrophe, elle finit par prendre l’eau à la 20ème minute grâce à une bonne frappe du droit d’Eduardo Vargas (1-0). Une équipe déboussolée, une défense à la ramasse, un gardien dépassé : personne n’y étais côté espagnol. Charles Aranguiz en profita donc pour doubler la mise juste avant la mi-temps sur une frappe instantanée après un coup-franc repoussé en plein sur lui par Casillas (43ème, 2-0). Comme un symbole, c’est donc « San Iker » qui provoqua le naufrage d’un navire espagnol qui avait déjà perdue l’un de ses capitaines et leader charismatique en la personne de Xavi, mis sur le banc par Del Bosque. Mais c’est surtout l’usure qui aura eu raison des champions du monde en titre. Depuis 2008, dix joueurs sur les 23 sélectionnés pour la compétition ont participé aux trois succès de la Roja (Euro 2008, Coupe du monde 2010, Euro 2012), et six autres d’entre eux ont été présent pour les deux derniers titres internationaux. Fallait-il donc renouveler cette équipe vieillissante ? Très certainement. Un turn-over aurait dû être effectué par le sélectionneur espagnol il y a un moment. Le déclin du FC Barcelone, aurait dû alerter la sélection espagnole sur la fin prochaine du « football possession ». Pourtant, comment changer la composition quand cette équipe gagne et continue de tout rafler d’année en année ? La tâche n’était pas si évidente, et si tout le monde pointe du doigt Del Bosque, beaucoup oublient ce que le technicien a apporté à cette génération dorée du football espagnol.

La fin d’un style de jeu ?

La sortie de route de l’Espagne laisse les amateurs de football sceptique quand à l’avenir du « football total » pratiqué par l’Espagne, que ce soit en club ou en sélection. L’apogée de ce style de jeu basé sur la possession du ballon, sur un pressing constant et sur l’utilisation des espaces, avait fait la gloire du FC Barcelone et de la Roja lors de la saison 2010. Respectivement vainqueurs de la Ligue des champions et de la Coupe du monde, les deux équipes avaient par la suite inspiré de nombreux clubs et nations sur la planète. Mais depuis quelques années, et en particulier depuis celle en cours, ce style de jeu a connu un déclin sans précédent. Alors que ce « football total » a mis au supplice les défenses pendant des années, le système apparaît aujourd’hui plus fébrile et plus incertain. Les récentes déconvenues des grands clubs européens n’étaient qu’un signe prémonitoire de la possible fin du jeu « à la barcelonaise ». Le Bayern, le PSG et même le Barça s’en sont aperçus. Seul la sélection espagnole avait encore survécu à cette hécatombe en 2012 en remportant l’Euro. Mais hier soir, ça n’est pas seulement la Roja qui est tombé. C’est tout une philosophie de jeu qui est définitivement remise en cause. Un véritable coup de massue pour l’Espagne et pour le monde du football tout entier. Quel sera donc le football de demain ? Bien malin celui qui pourrait le prédire…

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